Carrière dans le digital au féminin : métiers, salaires, reconversion
En résumé
- Tous secteurs confondus, le revenu salarial moyen des femmes reste inférieur de 21,8 % à celui des hommes dans le privé en France ; l’écart tombe à 14,0 % à temps de travail identique, et à 3,6 % à poste et établissement identiques (source : Insee Focus n°377, insee.fr, consulté le 20/08/2026).
- Les femmes représentent 24 % des effectifs des métiers du numérique en France, selon les données Insee reprises par le collectif Femmes@Numérique (2023).
- La Grande École du Numérique a formé 18 976 personnes depuis sa création, dont 24 % de femmes (source : grandeecolenumerique.fr, page « Notre impact », consultée le 20/08/2026).
Le digital n’échappe pas à l’écart salarial français, mais son problème principal n’est pas là où on le cherche le plus souvent : c’est d’abord un problème de représentation. Les femmes qui entrent dans le secteur, notamment par la reconversion, y trouvent des métiers en tension et des dispositifs de financement réels, mais peu documentés.
Quel est l’écart salarial entre femmes et hommes en France aujourd’hui ?
Trois chiffres, publiés par l’Insee pour l’année 2024 dans son Insee Focus n°377 (insee.fr, consulté le 20/08/2026), permettent de répondre selon l’angle retenu :
| Périmètre de comparaison | Écart de salaire femmes/hommes |
|---|---|
| Revenu salarial moyen, secteur privé, toute durée de travail confondue | 21,8 % |
| À temps de travail identique | 14,0 % |
| À poste et établissement identiques (équivalent temps plein) | 3,6 % |
Note de source : Insee Focus n°377, « Écart de salaire entre femmes et hommes », insee.fr, données 2024, consulté le 20/08/2026. Les trois chiffres mesurent des choses différentes : le premier inclut l’effet du temps partiel (plus fréquent chez les femmes), le second neutralise le temps de travail, le troisième neutralise en plus le poste et l’établissement. Ne pas les confondre entre eux.
L’Insee attribue l’essentiel de l’écart à temps de travail comparable à la « ségrégation professionnelle » : les femmes et les hommes n’occupent pas les mêmes métiers ni les mêmes postes à responsabilité, plus qu’à une différence de salaire à poste strictement identique.
Existe-t-il un écart salarial spécifique au secteur du numérique ?
Nous n’avons pas trouvé, au 20/08/2026, de publication Insee ou ministérielle isolant un écart salarial propre au secteur numérique en France. Les chiffres disponibles publiquement portent sur l’économie tous secteurs confondus. Voir la section « Ce que nous ne pouvons pas vous dire » ci-dessous.
Pourquoi les femmes restent-elles minoritaires dans les métiers du numérique ?
Le point de blocage est en amont du marché du travail : les femmes représentent 24 % des effectifs des métiers du numérique en France, selon les données Insee reprises par le collectif Femmes@Numérique (2023). Ce même vivier réduit se répercute mécaniquement plus haut dans la hiérarchie : notre page sur les femmes dirigeantes dans la tech française détaille comment ce chiffre se traduit ensuite en postes de direction. Cette proportion se retrouve aussi dans les chiffres de formation : sur les 18 976 personnes formées depuis la création de la Grande École du Numérique, 24 % sont des femmes (source : grandeecolenumerique.fr, « Notre impact », consulté le 20/08/2026).
Un rapport de l’Opiiec (observatoire paritaire des métiers du numérique, de l’ingénierie, des études et du conseil), publié en septembre 2025 et consacré à la reconversion des femmes dans le numérique, identifie les leviers et les freins à cette transition dans un secteur qui fait par ailleurs face à une pénurie de talents (source : opiiec.fr, consulté le 20/08/2026).
Quelles voies de reconversion vers le numérique existent pour les femmes ?
Trois dispositifs reviennent dans les sources consultées le 20/08/2026 (Centre Inffo, France Travail, C2RP Carif-Oref Hauts-de-France) :
- Les Préparations Opérationnelles à l’Emploi (POE), individuelles (POEI) ou collectives (POEC) : une formation gratuite qui permet de conserver le statut de stagiaire de la formation continue et le maintien des droits France Travail pendant la formation.
- Les parcours de la Grande École du Numérique : un réseau de formations labellisées, avec une part de reconversion réelle mais minoritaire parmi ses stagiaires (27,5 % ont entre 31 et 49 ans, contre 46 % de moins de 26 ans, selon grandeecolenumerique.fr).
- Les contrats de professionnalisation, mobilisables en cours de reconversion pour financer une montée en compétence en poste.
France Travail a par ailleurs publié en 2022 un manifeste appelant les acteurs de la formation et de l’emploi à fédérer leurs efforts sur la reconversion des femmes dans le numérique (source : francetravail.org, consulté le 20/08/2026), signe que le sujet reste identifié comme un point de friction du secteur plusieurs années après.
Le cas Sistech : une reconversion accompagnée pour un public spécifique
Toutes les reconversions ne partent pas du même point de départ. Le portrait de Joséphine Goube, fondatrice de l’association Sistech, montre ce que peut donner une reconversion vers le numérique quand elle est pensée pour un public structurellement éloigné de l’emploi, en l’occurrence des femmes réfugiées : formation technique et levée des freins périphériques (garde d’enfants, mobilité, équipement) traités comme un seul et même problème à résoudre.
Ce que nous ne pouvons pas vous dire
Nous n’avons pas trouvé de publication Insee, ministérielle ou sectorielle isolant un écart salarial spécifique au numérique (par opposition à l’écart tous secteurs confondus). Nous préférons le dire plutôt que d’extrapoler un chiffre sectoriel à partir de la moyenne nationale : les deux ne se valent pas forcément, dans un sens comme dans l’autre.
Questions fréquentes
Le numérique paie-t-il moins bien les femmes que les hommes ?
Nous ne disposons pas d’un chiffre sectoriel spécifique et sourcé pour l’affirmer. Ce que montrent les données Insee 2024, c’est un écart de 3,6 % à poste et établissement strictement identiques tous secteurs confondus, et un écart plus large (14 % à 21,8 %) dès qu’on élargit la comparaison, en grande partie lié à la répartition des postes entre femmes et hommes plutôt qu’à un salaire différent à poste identique.
La reconversion vers le numérique est-elle accessible sans diplôme technique ?
Oui, pour une partie des dispositifs cités ici : les POEC/POEI et les parcours de la Grande École du Numérique sont conçus pour des profils en reconversion, sans prérequis technique initial, selon Centre Inffo et grandeecolenumerique.fr (consultés le 20/08/2026).
Une reconversion en POEC est-elle rémunérée ?
Le statut de stagiaire de la formation continue en POEC maintient les droits France Travail pendant la formation, selon les sources consultées le 20/08/2026 ; les modalités précises (montant, durée) dépendent de la situation individuelle et se vérifient directement auprès de France Travail.
Pourquoi si peu de femmes dans les métiers du numérique malgré ces dispositifs ?
Le rapport Opiiec de septembre 2025 pointe des freins en amont de la formation elle-même (orientation, image des métiers, conciliation avec la vie familiale) plus qu’un manque de dispositifs de financement.
Sources et méthode
- Insee Focus n°377, « Écart de salaire entre femmes et hommes », données 2024, insee.fr, consulté le 20/08/2026.
- Collectif Femmes@Numérique, données Insee 2023 sur la part des femmes dans les effectifs du numérique.
- Grande École du Numérique, page « Notre impact », grandeecolenumerique.fr, consultée le 20/08/2026.
- Opiiec, étude sur la reconversion des femmes dans les métiers du numérique, septembre 2025, opiiec.fr, consulté le 20/08/2026.
- France Travail, manifeste pour la reconversion des femmes dans le numérique, francetravail.org, 2022, consulté le 20/08/2026.
- Centre Inffo et C2RP Carif-Oref Hauts-de-France, ressources sur la reconversion des femmes dans le numérique, consultées le 20/08/2026.
Voir aussi notre page méthode (à publier) sur la manière dont nous sourçons et datons les chiffres cités sur ce site.