Dossier

Femmes fondatrices de startups en France : chiffres, financement et parcours

En résumé

  • La représentativité des femmes dans l’entrepreneuriat français a progressé de 3 points entre 2021 et 2025, pour atteindre 29 % (baromètre entrepreneuriat féminin 2026, ministère de l’Économie, enquête Ifop sur 5 000 personnes).
  • Au sein du French Tech 120, seules 12,5 % des startups comptent une femme co-fondatrice ou CEO, et les femmes n’occupent que 22 % des postes de direction (9 % dans le Next40), selon l’étude BCG x SISTA.
  • En février 2026, les startups (co)fondées par au moins une femme ont représenté 25,7 % des opérations de levée de fonds françaises et 27 % des montants investis, pour un total de 118,4 millions d’euros (Eldorado.co).

Une femme qui monte une startup en France lève, en moyenne, moins qu’un homme sur un projet comparable, et elle reste minoritaire aux postes de direction des entreprises les mieux financées du pays. Les chiffres 2026 montrent malgré tout une progression réelle, lente, et mesurable, à condition de regarder les bons indicateurs : pas seulement le nombre de créatrices d’entreprise, mais leur part dans les levées de fonds significatives et dans les instances dirigeantes des startups à plus fort potentiel.

Qu’est-ce que le French Tech 120 ?

Le French Tech 120 est un programme de l’État français qui distingue chaque année 120 startups jugées à fort potentiel de croissance, sur la base de critères de performance (levées de fonds, croissance du chiffre d’affaires). Être sélectionné donne accès à un accompagnement dédié (interlocuteur unique dans l’administration, mise en réseau). C’est aussi, de fait, l’échantillon de référence utilisé par les études sur la parité dans la tech française, puisqu’il regroupe les entreprises les plus visibles et les mieux dotées en capital.

Combien de femmes dirigent une startup du French Tech 120 ?

Selon l’étude « French Tech 120 : des instances dirigeantes très loin de la parité », publiée par le collectif We Are Sista avec le Boston Consulting Group (BCG) en novembre 2022 et actualisée avec des données 2023 :

  • 12,5 % des entreprises du French Tech 120 comptent une femme parmi leurs co-fondateurs ou sa CEO.
  • Les femmes occupent 22 % des postes de direction (comex/codir) au sein du French Tech 120.
  • Ce taux tombe à 9 % dans le Next40, la vitrine des 40 startups les plus prometteuses du classement.
  • Le nombre de fondatrices est passé de 5 en 2020, à 7 en 2021, 14 en 2022, puis 15 en 2023 : une progression réelle, mais qui part d’un socle très bas.

Le collectif SISTA, qui a fusionné avec Starther en 2020, réunit des figures comme Roxanne Varza, Tatiana Jama et Céline Lazorthes. Il publie chaque année, avec BCG et le Conseil national du numérique, un état des lieux du financement des startups dirigées par des femmes, et porte une charte signée par 54 investisseurs qui s’engagent à consacrer au moins 25 % de leurs investissements à des startups menées par des femmes.

Les femmes lèvent-elles autant d’argent que les hommes ?

Non, et l’écart se lit dans les chiffres mensuels. En février 2026, selon le suivi d’Eldorado.co, 9 startups (co)fondées par au moins une femme ont réalisé une opération de levée de fonds, soit 25,7 % des opérations du mois, pour un total cumulé de 118,4 millions d’euros, représentant 27 % des montants investis sur la période. Les tickets levés par des startups (co)fondées par des femmes restent en moyenne inférieurs à ceux du marché : la part en nombre d’opérations dépasse souvent la part en montants, signe que les tours de table plus importants (Series B, C) restent plus difficiles d’accès.

Indicateur Valeur Source et date
Femmes co-fondatrices/CEO dans le French Tech 120 12,5 % We Are Sista x BCG, étude publiée en novembre 2022, données actualisées 2023
Femmes aux postes de direction, French Tech 120 22 % (9 % dans le Next40) We Are Sista x BCG, novembre 2022
Opérations de levée de fonds (co)menées par une femme, février 2026 25,7 % des opérations, 27 % des montants (118,4 M€) Eldorado.co, bilan de février 2026
Représentativité des femmes dans l’entrepreneuriat français 29 % (+3 points depuis 2021) Baromètre entrepreneuriat féminin 2026, ministère de l’Économie, enquête Ifop (5 000 répondants)

Note de méthode : ces quatre chiffres viennent de quatre études distinctes, avec des méthodologies et des périmètres différents (startups à fort potentiel pour l’une, ensemble de l’entrepreneuriat pour l’autre). Nous les rapprochons ici parce qu’ils éclairent des facettes complémentaires du même sujet, pas parce qu’ils mesurent la même population. Prochaine actualisation de cette page : à la publication du prochain baromètre SISTA x BCG ou du prochain baromètre entrepreneuriat féminin du ministère de l’Économie.

Un exemple concret : la levée de Quobly en 2026

Pour illustrer ce que « lever des fonds » signifie concrètement à ce niveau : Quobly, startup grenobloise de calcul quantique cofondée en 2022 par Maud Vinet et Tristan Meunier, a bouclé en juin 2026 une Series A de 115 millions d’euros, menée par Bpifrance, STMicroelectronics et SEALSQ. C’est l’un des tours de table les plus significatifs de l’année pour une deeptech française cofondée par une femme, et il illustre un point que les études sur la parité soulignent : les tickets de cette taille restent rares pour des équipes dirigées ou cofondées par des femmes, ce qui rend chaque opération de ce montant d’autant plus notable.

Pour un panorama des levées de la semaine, voir notre suivi des levées de fonds menées par des femmes en 2026. Pour des parcours individuels, voir le portrait de Marie Ekeland, cofondatrice de France Digitale et investisseuse, ou notre page sur les femmes dirigeantes dans la tech française.

Questions fréquentes

L’entrepreneuriat féminin progresse-t-il vraiment en France ?

Oui, mais lentement et depuis un niveau bas : +3 points de représentativité entre 2021 et 2025 (29 % en 2025) selon le baromètre entrepreneuriat féminin 2026 du ministère de l’Économie, et un nombre de fondatrices du French Tech 120 qui a triplé entre 2020 et 2023 (de 5 à 15), selon We Are Sista x BCG.

Pourquoi les startups fondées par des femmes lèvent-elles moins ?

Les études SISTA x BCG documentent un écart de financement plutôt qu’un écart de nombre de projets : les startups (co)fondées par des femmes pèsent souvent plus dans le nombre d’opérations que dans les montants levés, ce qui signale un accès plus difficile aux tours de table de grande taille (Series B et au-delà).

Qu’est-ce que le collectif SISTA ?

SISTA est un collectif né de la fusion avec Starther en 2020, qui promeut le financement des startups dirigées par des femmes en France. Il porte une charte signée par 54 investisseurs engagés à consacrer au moins 25 % de leurs investissements à des startups menées par des femmes, et publie une étude annuelle avec le Boston Consulting Group.

Où trouver les prochaines levées de fonds menées par des femmes ?

Elles sont suivies au fil de l’eau sur notre page levées de fonds 2026, qui reprend les opérations significatives (co)menées par des femmes, avec montants et sources datées.

Ce que nous ne pouvons pas vous dire

Les chiffres du French Tech 120 datent de l’étude BCG x SISTA de novembre 2022 (données actualisées jusqu’en 2023) : nous n’avons pas trouvé, à la date de rédaction, d’édition plus récente de cette étude spécifique. Si une édition 2024 ou 2025 existe, les chiffres de cette page seront mis à jour en conséquence.

Sources et méthode

  • Ministère de l’Économie, « Entrepreneuriat des femmes en France : publication du baromètre 2026 », economie.gouv.fr, 2026. Voir la publication
  • We Are Sista x Boston Consulting Group, « French Tech 120 : des instances dirigeantes très loin de la parité », novembre 2022. Voir l’étude
  • Eldorado.co, bilan mensuel des levées de fonds françaises, février 2026. Voir le bilan
  • Presse spécialisée, annonce de la Series A de Quobly, juin 2026 (Bpifrance, STMicroelectronics, SEALSQ).
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